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2007/10 : Dans quel cas un chrétien peut-il susciter un scandale ?
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“Il vaut mieux provoquer un scandale si c’est pour sauver la vérité” (Grégoire le Grand). Jésus fut l’homme de plusieurs scandales. Ses disciples, en bons apprentis, furent aussi des hommes de scandales.
“ Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ” (Matthieu 5:7).
Un jour, les Pharisiens, hommes religieux de l’époque de Jésus, qui épiaient tous les gestes de Jésus et de ses disciples, ont découvert qu’ils mangeaient sans s’être lavées les mains : “ Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens ? Car ils ne se lavent pas les mains, quand ils prennent leur repas ? ” Pour les Pharisiens, sortir de la norme était un SCANDALE. L’expression “Tradition des anciens” vient de l’Hébreu zegenim (Paroles des anciens) qui étaient en fait les sentences des rabbins. Les Pharisiens mettaient donc en doute l’authenticité de l’œuvre messianique de Jésus, en disant : “ Comment celui-ci pourrait-il être le Messie s’il ne parvient pas à faire que ses disciples soient dans les normes voulues par nos ancêtres ? ”
Un peu avant ce scandale consistant à ”manger avec les mains sales”, Jésus et ses disciples avaient suscité un autre scandale lorsque, ayant très faim, ils avaient ramassé et mangé des épis provenant de champs de blé le jour du sabbat. Une fois de plus, les Pharisiens attentifs les avaient réprimandés, disant : ” Tes disciples font ce qu’il ne convient pas de faire le jour du sabbat ”. Mais la réponse de Jésus nous fournit une clé essentielle concernant la vérité miséricordieuse : ” N’avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ; comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu’il n’était pas permis de manger [...]Si vous saviez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents ”. (Matthieu 12:1-8). Jésus défend ses disciples quant au fait qu’ils aient violé l’ordre de ne pas cueillir le jour du sabbat avec une série d’arguments irréfutables tirés des Ecritures. Le mouvement scandaleux de miséricorde de Jésus a suivi. Lors de ce même sabbat, peu après cette altercation avec les Pharisiens, Jésus a guéri la main d’un homme. A l’accusation, Jésus a répondu : ” Lequel d’entre vous, s’il n’a qu’une brebis et qu’elle tombe dans une fosse le jour du sabbat, ne la saisira pour l’en retirer ? [...]Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat ”. (Matthieu 12:9-14).
Le chrétien sait qu’il ne peut rester dans la norme, il doit aller au-delà. Quelque chose fait qu’il ne reste pas dans la ligne du simple accomplissement d’une loi. Son cœur est si rempli de reconnaissance et du don de Dieu qu’il se comporte en citoyen du Royaume de Dieu. Le peuple du Royaume de Dieu, l’Eglise, vit en communion avec son Dieu, qui lui apporte la vie et la miséricorde et, tout en étant sur terre, il est citoyen du Royaume, devenant ainsi une source de miséricorde pour le monde. Non seulement nous ne tuons pas, mais nous apportons la vie, nous aidons d’autres à vivre ; non seulement, nous ne mentons pas, mais nous apportons la vérité ; non seulement nous ne commettons pas l’adultère, mais nous portons haut la fidélité.
Quelqu’un a dit que nous devions aimer notre prochain jusqu’à ce qu’il demande pourquoi. Voilà ce que nous devons faire de nos vies. Nous devons aimer les autres et même nos ennemis et prier pour ceux qui nous maltraitent, défendre les faibles face aux oppresseurs, défendre l’innocent contre l’injuste et surtout ne pas rester dans la norme mais accomplir des actes de miséricorde suscitant le scandale. Notre Père est miséricordieux et pour lui, il n’y a pas de mal à rompre certains schémas !
Eric - octobre 2007
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